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thegoldenlynx
Description du blog :
Une volonté de pousser à l'action face aux incohérences actuelles de ce monde.
Catégorie :
Blog Environnement
Date de création :
16.05.2007
Dernière mise à jour :
13.08.2009

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Philosophie: le stoïcisme

Publié le 13/08/2009 à 14:20 par thegoldenlynx
Aujourd’hui, un phénomène surprend les libraires : les œuvres des sages antiques se hissent au rang de best-sellers. Les raisons de ce retour à l’avant-scène sont nombreuses.

Tout d’abord, ces philosophies vont à l’essentiel : chercher une réponse aux questions de la vie quotidienne, trouver le bonheur dans la vérité.

Ensuite, les sagesses antiques apparaissent, face au déclin du christianisme, au confinement des intellectuels dans leur cercle hermétique, comme des philosophies alternatives qui, ni dogmatiques, ni ascétiques, ni sectaires, conviennent à nos sociétés post-chrétiennes.

A cela s’ajoute que l’on trouve dans ces écrits des réponses concrètes aux questions qui se posent aux hommes de tous les Ages : comment faire pour vivre mieux, pour trouver le bonheur, pour apprivoiser la solitude, la souffrance, la mort.

Enfin, les auteurs antiques ont la sagesse, - et la modestie -, de s’exprimer dans un langage clair, ludique, recourant au dialogue, à la maïeutique, au calembour, usant de formes familières : lettres, consolations, journal intime.

Toutefois, prenons garde. D’une part, ces philosophies ne sont jamais aussi simples qu’elles paraissent ; d’autre part, nous avons hérité d’interprétations infidèles, voire calomnieuses. Veillons, donc, à corriger les contresens désastreux entretenus par le langage courant.

Pour conclure, si les sagesses antiques nous tentent aujourd’hui, c’est qu’elles peuvent nos aider à mieux vivre, parce qu’elles nous forcent à inventer notre propre chemin, en puisant dans une école ou dans une autre ce qui nous convient, qu’enfin, elles nous invitent à nous ressourcer, pas à nous aliéner.
Dans notre monde orphelin de ses repères, - déclin du christianisme, effondrement des idéologies -, la tentation est grande de se tourner vers les sagesses antiques. Si nous en avions gardé les noms, nous en avions souvent déformé le contenu. Je vais m’efforcer, en m’appuyant sur un article paru dans le Vif/ L’Express en juillet 2003 sous la plume responsable de François Busnel, de vous présenter l’un des fleurons de la pensée antique : le Stoïcisme ou l’antirésignation, contrairement au portrait qu’en dresse VIGNY dans La mort du Loup.

C’est en 294 av. J-C que Zénon de Citium fonda, - à Athènes -, la première école stoïcienne d’Europe. Ce courant philosophique, - accessible à tous-, connut son heure de gloire durant l’ère romaine, principalement sous Sénèque, Epictète et l’empereur Marc Aurèle.

Contrairement à l’idée que l’on s’en fait, le principe du stoïcisme ne réside pas dans la soumission face au Destin, mais dans la coopération avec celui-ci : rien ne sert de lutter contre une force qui nous dépasse ; mieux vaut lui sourire.
Ainsi, en admettant que certaines choses dépendent de lui, d’autres non, le stoïcien parvient à goûter au bonheur et à la liberté.
De cette vision modeste de la condition humaine découle, chez le philosophe, une prise de conscience des responsabilités qui lui incombent ; du rôle, - si minime soit-il -, qu’il a à jouer au sein de l’Univers. Cette attitude c’est, au sens philosophique, le cosmopolitisme.

Par conséquent, si vous vivez conformément à l’ordre rationnel de l’Univers ; si vous savez distinguer ce qui dépend de vous et ce qui n’en dépend pas ; si vous savez accueillir ce qui vous arrive, le bon comme le mauvais ; si vous avez le courage d’être cohérent avec vous-même ; alors, vous toucherez au bonheur selon les stoïciens.
Avis critique :


Pour conclure, il me semble pouvoir affirmer que le stoïcisme peut être une sagesse pour notre temps.

Ainsi, le « Naturam sequi » de Sénèque n’est pas une invitation à suivre nos penchants, mais une exhortation à nous conformer à notre « Nature ». Je suis Homme, je dois, donc, m’efforcer de porter au plus haut degré d’excellence possible chacune des composantes qui, à l’état de Nature, distinguent l’Homme : la Physique, la Spirituelle, la Morale, la Sociale. N’est-ce point là un idéal fort proche de ce que J. Rostand, - philosophe et homme de science de notre temps-, nomme une « Morale Biologique » ?

Par ailleurs, il est un autre enseignement des stoïciens qui m’agrée : il y a des choses qui ne dépendent pas de moi. Ainsi, ce n’est pas pour me punir des goinfreries du Réveillon qu’un dieu outré,- ou jaloux-, déchaîne sur nous bise et froidure. Non, ces rigueurs climatiques sont conformes à l’Ordre du Monde et je n’y suis pour rien. Voilà de quoi soulager ma conscience jusque là torturée et accueillir avec le sourire Bonhomme Hiver… Mais, dois-je me contenter du rôle du pantin souriant aux facéties du Hasard, du Destin, de la Providence ? Que nenni ! « Car, parce que tu es dotée d’intelligence, il y a des choses qui dépendent de toi : tes opinions, tes jugements », me dit mon initiateur en stoïcisme.

Me voilà donc pourvue de l’instrument de ma liberté. Ainsi, nous sommes au cœur d’une Civilisation de la Surproduction et de la Surconsommation. C’est un fait qui m’impose sa réalité. Contre cela, je ne peux rien, si ce n’est, pour moi-même, forger une opinion, formuler un jugement. Ma Raison me dit que ce mode de vie est mauvais, mauvais pour l’individu qu’il asservit, mauvais pour notre Terre qu’il épuise…

- Maintenant que tu as jugé,- c’est mon antique précepteur qui me parle ; les précepteurs, surtout antiques, restent rarement muets-, il te faut mettre ta vie en accord avec ta pensée. Satisfais-toi du nécessaire ; rejette le superflu ; allège la pression de ton empreinte écologique. C’est difficile, c’est exigeant. Cela demande du courage, - de la « virtus », disait-on à Rome. C’est le prix à payer pour gagner l’estime de toi-même, des autres peut-être, et surtout gagner la paix de l’esprit qui est la porte ouverte vers le Bonheur.

Certain Bourgeois faisait de la prose sans le savoir. J’étais stoïcienne et je l’ignorais.



Résumé et avis critique sur « Ce que nous apportent les sagesses antiques », dossier Le Vif/L’Express, du 11/07/2003, présenté par François Busnel.

N'hésitez pas à poster vos commentaires!




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Huile de palme: fléau pour l'humanité

Publié le 12/08/2009 à 13:55 par thegoldenlynx
Tout commence dans le fracas des tronçonneuses qui entament la chair rose des géants de la forêt: il serait bien dommage de ne pas exploiter des essences aussi précieuses que celles du meranti et autres arbres pluri-centenaires, cela priverait les Occidentaux de meubles pour leurs soirées d'été...
Arrivent ensuite les bulldozers, arrachant les autres arbres à leur sol pour les envoyer par après dans les usines de pâte à papier. Rien ne se perd...
Finalement, une étincelle par-ci, une étincelle par-là, et ce qu'il restait de végétation s'embrase, dégageant de lourds panaches de fumée pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Voilà! Le sol est enfin prêt à recevoir le palmier à huile, la nouvelle égérie de l'économie indonésienne qui n'a pas hésité en 2008 a sacrifié, toutes les 15 secondes, l'équivalent d'un terrain de football de sa remarquable forêt primaire pour faire place à ces palmeraies.

Mais pour qui donc produit-on une telle quantité d'huile?
C'est bien cela le problème: pour tout le monde! Alimentation, cosmétiques, produits nettoyants, tous contiennent cette fameuse huile (qui en passant est relativement mauvaise pour la santé car très riche en acides gras saturés)qui détient comme (unique) propriété d'être la moins chère du marché.

Les conséquences de cette monoculture sont désastreuses. Des millions d'hectares de forêt (10) ont déjà été rasés pour permettre les plantations: la riche biodiversité a fait place à un désert écologique car rien hormis les palmiers ne poussent sous les nuages de pesticides.
Les animaux sont eux aussi les victimes de ce carnage: un des exemples les plus choquants est le sort réservé aux orang-outans, les "jardiniers de la forêt". Privés de nourritures et du refuge des hautes cimes, ils errent entre les palmiers, complètement désorientés, et finissent malheureusement par succomber sous les coups et les tortures des ouvriers hilares...
2022 , c'est-à-dire demain, devrait sonner le glas pour cette espèce si aucune action concrète de la part du gouvernement n'est entreprise.

Ne vous méprenez pas: l'espèce humaine n'est pas en reste. En effet, les palmiers à huile ont une durée de vie de 15 à 20 ans. Dès lors, la vision à court terme de l'Indonésie en matière de profit condamne l'archipel à une misère certaine car les plamiers morts ne laisseront comme seul héritage qu'un sol stérile, et ce pour plusieurs siècles.
En outre, les gigantesques feux servant à nettoyer le sol de ses derniers vestiges végétaux ont placé l'Indonésie sur la troisième marche (peu enviable) du podium des rois des émissions de CO2, juste derrière la Chine et les USA.
Quant aux hommes, tribus indigènes ou ouvriers, leur sort n'est pas des plus enviable: famine et disparition pour les uns ; esclavagisme forcé pour les autres.

Ainsi, nous voyons bien que les effets négatifs contre-balancent fortement le gain économique. Mais qu'y pouvons nous...
Et bien, détrompez-vous! En tant que consommateurs et citoyens du monde, c'est à vous de faire entendre votre opinion en boycottant l'huile de palme, c'est à vous que revient le devoir d'exiger la clarté des la liste des ingrédients des produits quotidiens sur lesquels figurent trop souvent " huiles végétales (hydrogénées)", c'est à vous de manifester auprès des autorités pour que des mesures soient prises dans l'immédiat pour sauvegarder notre patrimoine naturel ET notre planète, c'est à vous que revient le devoir de lutter pour le respect de la dignité humaine!

N'oubliez jamais qu'une seule voix, c'est peu. Mais qu'en est-il quand des milliers de personnes pensent la même chose?

A méditer et surtout à appliquer...

Source: Reportage "Adieu Bornéo", dans "Les carnets du bourlingueur"

Amnesty International: Action Aung San Suu Kyi

Publié le 09/07/2009 à 12:34 par thegoldenlynx

" Avec Amnesty International, vous vous êtes montré attentif à ce qui se passe en Birmanie depuis plusieurs années.

La situation de Aung San Suu Kyi, en attente de jugement à la prison d’Insein, accusée d’avoir enfreint les règles d’une assignation à résidence, comme celle de milliers de prisonniers politiques et d’opinion, est très préoccupante.

Cela n’a que trop duré !

La vie de l’opposante au régime militaire, prix Nobel de la Paix, démocratiquement élue en 1990, est gravement menacée : son état de santé s’étant dernièrement beaucoup dégradé, une condamnation à cinq ans de mauvais traitements et d’abus dans la prison d’Insein pourrait lui être fatale.

Nous vous invitons donc ce 10 juillet, date du procès d’Aung San Suu Kyi, à interpeller les autorités birmanes par l’intermédiaire de leurs représentations diplomatiques présentes dans votre pays de résidence.

Avec Amnesty International, exigez sa libération immédiate et inconditionnelle, par le moyen de communication que vous avez à votre disposition : téléphone, courrier, fax ou email.

Il s’agit d’une action générale, devant mobiliser le plus grand nombre. Nous devons tous agir pour que cessent les violations des droits humains en Birmanie et que Aung San Suu Kyi soit de nouveau libre."

Tiré de : Amnesty International Belgium

Lien pour agir:http://www.isavelives.be/fr/node/3835

G8: réunion à L'Aquila

Publié le 06/07/2009 à 11:08 par thegoldenlynx
D'ici peu, le G8 se réunira en Italie pour, notamment, s'accorder sur le "Traité Climatique de Copenhague".
Ce traité devrait avoir pour but principal d'offrir une solution durable aux problèmes économiques et environnementaux actuels.

Ce "deal" devra être composé:

- d'un traité climatique obligatoire, équitable ainsi que d'éléments environnementaux forts pour obtenir une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre.

- de "marchés-carbone" afin de servir les obligations de réduction d'émission de CO2 des pays industrialisés.

- d'une extension des transferts, commerce et investissements des technologies pour aider les pays en voie de développement ainsi que pour ouvrir la voie vers un développement faible en émissons de carbone.

Pour plus d'informations: http://www.panda.org/what_we_do/footprint/climate_carbon_energy/climate_deal/our_solutions/about_a_global_deal/ (en anglais)

Pour agir:http://facetheg8.panda.org/ (en anglais)

Source: WWF

6 milliards d'autres

Publié le 05/07/2009 à 10:50 par thegoldenlynx
Un tour d'horizon de pensées du monde entier concernant de vastes thèmes: l'amour, la mort, les rêves, l'espoir, la peur...

Dans ces témoignages, Yann Arthus-Bertrand parvient à nous émerveiller, à nous émouvoir en nous faisant rencontrer des femmes et des hommes du bout du monde, ou de chez nous.

A découvrir absolument!

http://www.6milliardsdautres.org/

La Rinconada

Publié le 04/07/2009 à 14:34 par thegoldenlynx
La Rinconada :


A la fin des années 80, le Pérou a dû faire face à une grave crise économique. De nos jours, alors que la crise continue et que le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter, l’or incarne le dernier espoir pour beaucoup de personnes.
Ainsi, la Rinconada,- important site minier au nord du lac Titicaca, à 5400m d’altitude-, a vu défiler bien des hommes en 500 ans : les Incas, les Espagnols et désormais ceux qui n’ont plus rien à perdre, qui tentent de fuir le chômage, leur passé, la justice… La Rinconada est donc devenue le plus haut bidonville du monde, abritant plus de 20000 personnes.

Les conditions de vie y sont déplorables : ni eau, ni chauffage, ni toilettes, ni égoût. Juste une tranchée au milieu de la route principale où sont déversés une partie des déchets, des excréments, le reste étant éparpillé entre les baraques ou sur le versant de la montagne…
Outre la propagation des maladies, cette décharge à ciel ouvert contamine aussi la neige qui en fondant alimente les eaux du lac, une des principales sources d’eau douce pour des millions de personnes. Une véritable catastrophe écologique et humaine!

Quant aux conditions de travail, elles sont pires. Le contrat oral entre les miniers et l’embaucheur stipule que l’ouvrier doit travailler gratuitement pendant 30 jours. Le 31ème jour, le minier peut empocher l’or extrait. Si le filon est bon, il aura de quoi tenir jusqu’au mois suivant. Sinon, il devra emprunter, se priver.

Une fois le minerai extrait, la séparation de la poudre d’or et de la roche se réalise à l’aide de mercure. L’opération terminée, une pépite or/mercure est formée qu’il faudra chauffer pour obtenir l’or pur.
L’air froid,- nous sommes à 5400m-, accélérant la condensation, le mercure évaporé retombe sur les toits, polluant la neige et la glace qui constituent le seul approvisionnement en eau douce de la ville. Cette contamination directe est la plus grave : le mercure attaque le système nerveux, provoque des troubles moteurs, voire la mort.
Chaque année ce sont 4 à 6 tonnes de mercure qui retombent ainsi.

En conclusion, la Rinconada n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, parmi trop d’autres : l’exemple qui démontre bien qu’à l’aube du 21ème siècle, l’humanisme est au point mort. La seule valeur qui compte est celle de l’or, à tout prix.

Arya & K.

La culture: dissertation

Publié le 04/07/2009 à 12:02 par thegoldenlynx
Monsieur le Président de la République, par ailleurs président auto-proclamé du Conseil pour la création artistique, n’a guère de respect pour la culture « classique », qui l’ennuya tant à l’heure du lycée. La culture, la vraie, celle pour notre temps, il sait ce que c’est, lui qui a trouvé sa Princesse de Clèves dans les pages des magazines « people »,- pardon, « pipoles » dans la langue des nouveaux Molière-, son espace culturel dans les travées de Disneyland, lui qui a fait de Mireille Mathieu la diva de la République et qui a, dans son récent voyage au cœur de l’Afrique, emmené le barde breton Didier Barbelivien, pour lui chanter sans doute, en avatar de Chateaubriand découvrant les rives vierges du Meschacebe, la luxuriance des forêts équatoriales.

On pourrait, certes, se contenter de brocarder l’apparent mépris du Président pour les trésors culturels de son pays ou même, comme ce « blogger »,- « blogueur », dans l’édition 2018 du Petit Robert-, qui n’a pas été éduqué, semble-t-il, avec Mme de la Fayette, fustiger l’iconoclaste :
« Si Sarkosky (sic) était un intelectuel (resic), certains l’aurai (reresic) déjà dit… mais si c’est un c… on peut être indulgent avec sa médiocrité ! »
Voilà ce qu’en dit un certain Daniel, dans ce langage « secouant » qui valut à un certain prophète de se retrouver dans la fosse aux lions. Mais la raillerie autant que l’invective risqueraient de nous détourner du véritable enjeu qui m’apparaît double.
D’une part, comme le pense et le dit Sophie Rabau, maître de conférence à Paris III, s’en prendre à la culture, c’est attaquer la démocratie : « Nous croyons que sans la complexité, la réflexion et la culture la démocratie est morte.»
D’autre part, dans les « sorties » du Président, on sent pointer l’idéologie néo-libérale : le but premier de l’école, c’est la formation à l’emploi, la fourniture à l’entreprise de la main-d’œuvre dont elle se nourrit. La volonté en est clairement affirmée : « … l’Etat doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes. » C’est encore le néo-libéralisme qui parle quand il raille l’utilité de la culture. « … Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »
Ainsi se trouve posé l’autre dilemme. Valeur économique, avancée comme utile, valeurs humaines, posées comme inutiles. Les intellectuels ont-ils raison de craindre pour l’avenir de la démocratie et de l’humanisme que menacerait le néo-libéralisme ou sont-ils simplement « Sarkophages » ?

Pour répondre à cette question, il nous faut déterminer que s’approprier la culture,-ou, pour utiliser un concept plus extensif, la Connaissance-, équivaut à se réserver les clefs du pouvoir et de l’ordre social. Il nous faut encore discuter de « l’utile » et « l’inutile » et nous demander si le néo-libéralisme qui fait passer « la valeur » avant « les valeurs » est une régression et met en péril, non seulement la démocratie, mais la condition humaine elle-même. Après cela, nous pourrons peut-être conclure.

A la première interrogation on ne peut répondre que par l’affirmative. En effet, le modèle s’en trouve inscrit aux premières pages de l’Histoire des Hommes, la Genèse.
Quand il eut créé Adam, le Tout-Puissant le plaça « dans le jardin de délices » et lui dit : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, excepté de l’arbre de la science du bien et du mal. » On connaît la suite : aguiché par le serpent, Adam, qui, de plus, se trouvait bien faible devant les charmes de sa fraîche compagne, goûta le fruit défendu qui devait lui ouvrir les portes de la connaissance et le rendre pareil à Dieu ; il ne récolta que sa sainte colère et l’exil du Royaume.
C’est des leçons du récit biblique que les religions, particulièrement judéo-chrétiennes et musulmanes, tirent leur organisation et leur puissance sur leurs adeptes. Un chef spirituel, souvent unique,- appelons-le Pape, Grand Rabbin, Ayatollah-, détient la « Connaissance », par la Révélation, par la grâce de l’Esprit Saint, et le droit de proclamer, infailliblement, le dogme ; ses ministres,- prêtres, rabbins, imams-, transmettent la Parole aux adeptes desquels est exigé une adhésion, une soumission totale par un acte de foi. Et gare à l’hérétique, au schismatique, à l’apostat ! Au mieux, ce nouvel Adam sera exclu de la communauté, « excommunié » ; au pire, il subira la « question », avant de périr, s’il persiste dans « l’erreur », dévoré par les flammes d’un bûcher, prélude aux tourments éternels de l’Enfer !
Quant à l’arsenal préventif contre la diffusion des thèses qui pourraient ébranler la foi, il est impressionnant : mise à l’index des œuvres jugées subversives, condamnation des théories contraires à la foi,- pensons au darwinisme-, création d’écoles confessionnelles pour assurer la pérennité de la doctrine et protéger du contact avec les idées « dangereuses », songeons au retour du « créationnisme », aux polémiques suscitées par l’enseignement de la biologie.

Par la suite, le modèle religieux s’est transféré au civil. Tout autocrate, despote, dictateur, de Louis XIV à Mao-Tse-Tung, en passant par Hitler, a fait de la culture un pilier de son pouvoir. Ainsi, Bossuet a placé les rois hors de portée des hommes : « … la personne des rois est sacrée, et (…) attenter sur eux c’est un sacrilège…ils sont sacrés par leur charge, comme étant les représentants de la majesté divine, députés par la Providence à l’exécution de ses desseins… » (Politique tirée…de l’Ecriture Sainte…). Des artistes de toutes disciplines, écrivains, peintres, sculpteurs, graveurs, musiciens ont célébré la majesté royale.
Plus près de nous, Hitler doit en grande partie son triomphe à Goebbels, ministre de la propagande et de l’information qui étouffa les manifestations d’indépendance des intellectuels allemands en les groupant, sous sa présidence, en un sénat de la culture ; il organisa, dans les rues, des manifestations au cours desquelles étaient jetés au feu les livres des écrivains démocrates et juifs. On n’instruisit plus la jeunesse, on l’endoctrina. En dix ans, Hitler eut le peuple discipliné et fanatique que sa folie avait conçu. Quant aux Chinois, comme référence culturelle, ils n’eurent plus que le devoir d’agiter un petit livre rouge.
Ces régimes totalitaires génèrent la formation de sociétés fermées, « naturelles »,- comme celles des fourmis ou des abeilles-, que l’on peut caractériser de trois mots : autorité, hiérarchie, fixité. A cela, la Démocratie oppose sa trilogie : liberté, égalité, fraternité. Société ouverte, elle n’est donc pas « naturelle » et exige un effort. La démocratie, disait Montesquieu, « exige ses citoyens vertueux ». Cette vertu,- le civisme-, c’est par la culture qu’on l’acquiert.

En effet, c’est en consultant la Nature et non plus les Ecritures, fussent-elles Saintes, que les Humanistes de la Renaissance se découvrirent capables, par l’exercice de leurs facultés d’observation, d’analyse, de raisonnement, de connaître et d’énoncer les lois de l’Univers. Ils entrèrent aussi en conflit avec les traditions religieuses,- tels Copernic et Galilée exposant l’héliocentrisme.
Après eux, les philosophes du XVIIIème siècle,- les Lumières-, faisant de la Raison l’instrument de la critique, conclurent au libre-arbitre et à ses corollaires, le droit à la libre pensée et à la libre expression. Tous les hommes étant doués de Raison, il s’en suit qu’ils sont égaux en droits. De l’Egalité, qui favorise les échanges entre les individus, on en vient aisément à la Fraternité. Mais le bouleversement le plus profond fut, sans doute, celui-ci : tout homme libre étant roi chez soi, c’est la Nation entière qui devient Souveraine, souveraineté exercée par ses mandataires, responsables devant elle. Ainsi est née de la culture la Démocratie moderne, régime le plus respectueux de la dignité humaine, que nous ne conserverons que par la culture diffusée, notamment, par l’école dont la mission la plus noble est de :

« Proposer à chacun d’être l’un des dépositaires du trésor collectif, d’être de ceux qui l’enrichiront, d’être aussi, face à la génération suivante, un passeur de témoin. »
A.JACQUARD, Mon Utopie p.150

Or, le néo-libéralisme ne fait pas grand cas de la culture, jugée inutile,- tout du moins pour les « guichetières »-, et il attribue au système éducatif une tout autre fonction : fournir à l’entreprise les travailleurs dociles et compétents dont elle a besoin. Cette politique s’oppose à la règle démocratique du libre choix. C’est un déni de liberté. Cette politique préconise la recherche de l’excellence, ce qui implique la sélection, source d’inégalité. Cette politique réclame le retour au « palmarès », ce qui entraîne la compétition, une menace pour la fraternité. En nous soumettant à la nouvelle religion,- Economie-, à son dieu invisible, anonyme et tout-puissant,- Actionnariat-, à son collège de grands-prêtres,- Patronat-, et à son culte,- Productivité-, ne devons-nous pas craindre le retour à une société figée dans un matérialisme qui étouffe les valeurs de l’humanisme ? Or, a prédit A. MALRAUX : « Le vingt et unième siècle sera spirituel ou ne sera pas. »

Monsieur Sarkozy, je l’ai relevé plus haut sans insistance, juge, sur un ton ironique bien proche du mépris, la culture inutile pour les « guichetières », entendez les « travailleurs ». Je voudrais revenir un peu plus longuement sur ces propos désinvoltes, certainement blessants pour la catégorie de personnes visées.
Je m’interrogerai d’abord sur le sens du mot « utile ». Avec l’aide du Petit Robert, cela devrait être facile. En effet : « utile »,… dont l’usage, l’emploi est ou peut-être avantageux (…), qui satisfait un besoin.
Ainsi, une fourchette, c’est utile pour qui veut manger de façon bien civile. Cependant, à côté d’ustensiles simples, en acier de bon aloi, il en existe de plus nobles, en vermeil, par exemple. N’y a-t-il point de l’inutile dans cet utile-là ? « Que nenni ! me rétorque le vendeur, le couvert en vermeil est bien utile à mon chiffre d’affaires ! » Séduite par cette logique de la fourchette, comme il cherchait une caissière, je lui propose une amie et j’ajoute naïvement : « Cette personne très honnête possède en plus sa licence en philo. » - « Alors, votre amie ne m’intéresse pas, me répond-il presque indigné, elle ruinerait mon chiffre d’affaires ! » C’est ainsi que raisonne l’économiste : l’utilité d’un bien, l’utilité d’une personne se jugent à leur valeur, exprimée par un chiffre, un rapport au chiffre d’affaires.
Alors, doit-on considérer comme sans valeur, car impossibles à quantifier, ces qualités d’abnégation, de dévouement, de patience, de compréhension, de communication, bref, ces valeurs humaines qui s’acquièrent par l’étude, par les rencontres, par l’adhésion à un projet, à une activité dont le but n’est pas de produire un bien de consommation,- et de profit-, mais de répondre à des besoins sans limites, dans l’enseignement, les soins de santé, l’aide sociale, la recherche scientifique, les arts, sources de satisfaction autant pour le bénéficiaire que pour le dispensateur ?
Ainsi, l’élève se réjouit d’avoir compris, le maître d’avoir été compris.

Mais pour les défavorisés, ceux pour qui le « travail » garde son sens étymologique de « torture », car il résulte d’une soumission face à une nécessité, la culture a-t-elle un sens, n’ajouterait-elle pas à leur douleur, par la conscience de leur état ? Un bon exemple, dit-on, vaut mieux que le plus beau discours.
Il y a deux ans, je crois,- peut-être trois-, mon père m’emmena à Virton, au musée gaumais, visiter une assez vaste rétrospective des œuvres d’un peintre qui m’était parfaitement inconnu, Lucien Maringer, Libramontois, comme mon père, mais d’une génération plus âgé. Chemin faisant, j’en appris d’avantage sur l’homme. M. Maringer était garde-salle à la gare de Libramont. Dans son étroite guérite en bois, au bout d’un couloir crasseux ouvert à tous les vents du haut-plateau, il avait pour mission, neuf heures par jour, 45 heures par semaines, de poinçonner les billets des voyageurs sortants et de récolter les billets des voyageurs entrants. Un vrai « travail » ! Pourtant, Lucien Maringer était un homme heureux. A quoi souriait-il dans les moments de calme, entre deux trains ? Se remémorait-il l’émerveillement devant son « Bouquet de lilas dans un pot de grès », de Marie Howet, son amie,- curieuse amitié que seule permet la culture, entre cette grande bourgeoise, prix de Rome, et le petit cheminot ? Voyait-il déjà dans son imaginaire de peintre cette « Procession des Rogations entre Saint-Pierre et Libramont », illustration fraîche et naïve comme la foi des enfants ? Repassait-il en son esprit sa dernière conversation avec le toujours accueillant José Chaidron, l’aubergiste-poète de Vresse ? Qu’est ce qui rendait si serein l’humble garde-salle ?

Je laisse à A.JACQUARD le soin de répondre et sa réponse sera ma conclusion : « La culture sert à donner un sens à notre vie ». Que vaudrait, en effet, une vie qui se réduirait à l’inventaire de A.CAMUS : « Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d’usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil, et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme… » ? (Le Mythe de Sisyphe, in La littérature en France depuis 1945, Ed. Bordas, p.37). Cela conduirait inévitablement, au pire, à l’anesthésie, au mieux à la conscience de l’absurde et de la conscience de l’absurde au « suicide » ou au « rétablissement ». La culture est la voie du rétablissement, car elle est antidote au renoncement ; elle est une révolte, une lutte, une lutte « vers les sommets », une lutte qui « suffit à remplir un cœur d’homme ». Et,- tant que j’en suis à transposer la philosophie de CAMUS-, pardonnez-moi une dernière audace : « Il faut imaginer l’homme cultivé heureux ».

C'est le (grand?) retour...

Publié le 04/07/2009 à 11:27 par thegoldenlynx
Voilà, je pense qu'il est temps que je relance ce blog car je me rends compte que seule une large diffusion peut avoir de l'impact.

Les articles suivront dans le courant de l'été: il faut d'abord que je structure un peu les sujets.

Ami(e)s lecteur (-trice)s, passez d'excellentes vacances et n'oubliez pas de respecter ce qui vous entoure!

Arya & K.

Dégénérescence? Art.1

Publié le 04/08/2007 à 12:00 par thegoldenlynx
Pourquoi ne pas se lancer dans une petite analyse de notre société? Pour ce premier article, je choisis comme thème: " Quelle relation entre nous et les animaux de compagnie? Jusqu'où peut-on aller par 'amour'?"

Il est vrai que les chats, chiens, rats, souris, lapins, furets et autres NAC sont de plus en plus présents. Nous les chérissons, les soignons, les pleurons car nous en venons à les considérer comme des membres de la famille, des amis voire ( pour les personnes souffrant d'un manque d'affection), comme nos enfants. C'est justement de ces personnes dont je vais vous parler...


En effet, nous arrivons à ce que beaucoup considèrent comme "l'âge d'or" ( je tâcherais de revenir là-dessus une autre fois). Mais, pouvons considérer les excès des maîtres comme une "évolution" de notre société occidentale?
Vous pouvez observer, de plus en plus, notamment sur la Grande Toile, que les hôtels 4 ou 5 étoiles pour les toutous et leur maître(sse) poussent comme des champignons dans les grandes villes (ex: Paris).
Les chiens sont servis dans des assiettes en argent et leurs repas sont cuisinés par des chefs. Parfois même, ces hôtels font offices de thalasso où 'mamour' peut prendre un bain à bulles avec sa 'maman'!

Cette situation ne reflète t'elle pas une certaine anomalie? dans plusieurs pays,- en particulier africains, américains et asiatiques-, des gens crèvent littéralement de faim et nous, Occidentaux "civilisés", nous nous permettons de nourrir un Yorkshire ou un Jack Russel avec du foie gras et du caviar!

Le pire est encore que les Etats laissent se développer ce type de commerce. Ce qui nous amènent, bien entendu, au principal coupable de cette ignominie, j'ai nommé: l'ARGENT!
Vous qu'on appelle 'libre' êtes en fait gouverner par un morceau de papier avec un chiffre ou un nombre imprimé dessus. Encore une bizarrie humaine!

Les animaux sont des compagnons fidèles, parfois d'ailleurs ne leur démontrons pas assez souvent, et beaucoup souffrent de notre imbécilité. Mais, nous nous laissons aller à des caprices qui n'ont strictement rien à voir avec leurs véritables besoins: quel chien préfèrerait être plonger dans de l'eau ou lieu de faire une bonne promenade?

En tentant de leur démontrer notre amour, nous leur imposons simplement une excentricité purement 'humaine' et qui s'avère généralement opposé à tout bon raisonnement.


Arya & K.

Campagne anti-fourrure

Publié le 20/06/2007 à 12:00 par thegoldenlynx
Campagne anti-fourrure
Alors que les partis belges ( PS, CDH, Ecolo) prévoyaient la fermeture des élevages d'animaux à fourrure pour la vente, le parti MR ( droite) , malheureusement élu, veut simplement " les régulariser".....

Comme si un animal pouvait être tuer que pour notre bon plaisir de porter de la fourrure !!!!
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